L'Anneau
Petit carnet de voyage
 
 
 
 
 
 

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(Aucune des photos et aucun des dessins présents sur ce blog n'est de moi)

 
Samedi 19 mars 2005

- Ca suffit ! gronda Trevor dont la superbe balafre était maintenant visible.

- Juste un test, rit l’adolescent aux cheveux blonds.

Black Cat aurait juré saisir une pointe de surprise et de tristesse dans sa voix. Trevor s’agenouilla. Il appliqua ses mains sur le torse de Gilean et murmura quelques paroles inaudibles. Une lumière bleutée enveloppa le corps.

- A l’autre maintenant, dit-il.

Pour Keren, ce fut plus long, et apparemment plus compliqué. Le visage de Trevor se crispa sous l’effort. L’aura fut si intense qu’elle illumina la rue entière. Eolh aida son ami à se relever. Il lui tendit son bâton de marche.

- Longtemps que je n’avais plus fait ça, souffla l’homme des bois. Ce gosse était à deux doigts d’y rester…

- Merci, dit Loreleï encore sous le choc. Je ne sais comment vous avez…

- C’est mieux comme ça ! coupa Trevor. Ils se réveilleront dans quelques heures.

- Je suppose qu’il est inutile de vous demander vos noms.

- Vous supposez bien, répondit Narcam, monocorde.

Un long silence clôtura cette discussion. Black Cat et Loreleï installèrent les enfants sur leur dos.

- Bonne route, lança Eolh d’une voix claire.

 

D’un petit trot rapide, sans le moindre échange de parole, ils atteignirent enfin l’immeuble.

- Je crois que c’est ici, dit Loreleï.

- J’espère que le vieux est là-dedans, grogna Black Cat, sinon j’abandonne ce gosse dans une poubelle.

Ils pénétrèrent dans le bâtiment plongé dans l’obscurité.

- Pourquoi ce n’est jamais simple ? renchérit Blacky.

- Fais attention où tu mets les pieds. Et arrête de râler ! C’est au dernière étage.

- Grrrr !

Une fois en-haut, Lore’ lança de nombreux appels ; sans réponse. Ils finirent par allonger Gilean et Keren sur un lit et s’accoudèrent côte à côte à la fenêtre de la chambre pour apprécier ce moment de tranquillité.

- Ces trois gars étaient vraiment étranges, pensa tout haut Loreleï.

- Tu peux le dire ! Comment a-t-il pu… 

- Vous désirez ?

Les deux compères faillirent passer par-dessus bord de surprise. Ils pivotèrent pour se retrouver nez contre nez avec un vieillard plein de poils.

- Hic ! tressaillit Loreleï.

Taufang leva un sourcil.

- C’est malin ! A cause de vous… hic… j’ai attrapé le hoquet.

- Désolé de vous avoir fait peur. Je suis un peu dur d’oreille ; je ne vous avais pas entendu arriver.

- A quoi ça sert que je… hic… m’époumone alors ?

- On vous a ramené ces deux-là, enchaîna Black Cat, désireux d’un finir avec cette histoire.

- Je suppose qu’ils ont encore dépensé leurs maigres économies en boisson, dit Taufang, déçu.

Le vieil homme fronça ses épais sourcils et se rapprocha un peu de Gilean et Keren.

- Ils ne se sont pas contentés de boire. Ils se sont battus, c’est bien ça ?

Lore’ et Blacky se regardèrent.

- Hic !

- Exactement ! s’exclama Black Cat. Sous l’effet de l’alcool, ils ont déclenché une bataille générale dans le bar.

- Attendez un peu qu’ils se réveillent ! En tout cas, mille mercis de les avoir ramenés. Acceptez ces quelques pièces, jeunes gens.

De sa lourde robe grise il sortit un peu d’argent. Loreleï s’empressa de le récupérer.

- Ha ! Où ai-je la tête ? Je ne me suis pas présenté : Taufang, enchanté de vous connaître.

- Black Cat. Tout le plaisir est pour nous.

- Lor… hic…eleï !

- Vous me paraissez bien fatigués. Voulez-vous passer la nuit ici ? Si vous n’avez pas d’autre lieu pour dormir bien entendu.

Une émotion inattendue les submergea.

- Nous vous remercions, mais…

- Il n’y a pas de mais. Vous êtes les bienvenus. Prenez la pièce de derrière !

Ne sachant que dire, ils gagnèrent leur chambre d’un soir l’un derrière l’autre. Black Cat se jeta sur le lit et s’enroula dans la couverture. Loreleï partit d’un fou-rire presque nerveux. Elle retira ses vêtements à tout allure et plongea à son tour.

- Attention, me voilà ! Et ne prends pas toute la couverture.

- Haaaaa !! Tu es… tu es…

- Mes vêtements sont là-bas, si c’est ça ta question.

- Dévergondée !

 

Une lutte formidable d’une dizaine de minutes finit de les épuiser. Serrés l’un contre l’autre sous cette petite couverture, ils s’endormirent. Un peu plus tard, Taufang ferma doucement leur porte. Il laissa la lumière allumée.

- Braves petits…, dit-il dans un sourire.

Il vida sa pipe à la fenêtre puis alla se coucher à son tour. Cinq étages plus bas, adossé contre un mur de l’immeuble, Narcam essuya son chapeau plein de cendres. Sans geste inutile, il le rabattit sur ses yeux toujours ouverts.
par François Aubouy publié dans : Roman
Samedi 19 mars 2005

Je passe mes journées à jouer de la guitare en ce moment, je me devais de dire quelques mots sur le sujet.

 

Matériel : je n'ai qu'une pauvre guitare classique rafistolée au chaterton sur toute sa base en raison d'une chute malheureuse lors d'une virée en montagne. Elle sonne encore à peu près bien - heureusement - mais son aspect extérieur peut surprendre au prime abord.

 

Répertoire : Je me débrouille pour l'instant à trouver des morceaux plus ou moins mélodiques, en harpèges, qui ressortent correctement sur une classique. Lorsque je voudrai passer à autre chose, je piquerai la folk de mon père.

Je vous ai fait une petite sélection des tablatures que je joue en ce moment. Je n'ai pas trouvée certaines d'entre elles sur le net, comme "Tsuki no Hikari" une ballade tirée du manga Lodoss War ou un morceau irlandais dont j'ignore le titre...

Si vous êtes l'auteur d'une de ces tablatures ou l'artiste propriétaire du morceau, et que vous ne désirez pas voir apparaitre celle-ci sur mon blog, merci de me mailer.

 

Metallica - Master of Puppets

Metallica - Nothing else Matters

Metallica - The Call of Ktulu

Blind Guardian - Bard's Song - The Forest

Scorpions - Still Loving You

Led Zeppelin - Stairway to Heaven

Artiste Inconnu - Jeux Interdits

Georges Moustaki - Natalia

Marcel Dadi - Derviche Tourneur

 

Je vous fais grâce des tablatures - accords plutôt - d'Hôtel California, de The House of the Rising Sun, et cie, sans grand intérêt pour le guitariste mais utiles pour accompagner ces chansons.

 

J'updaterai cette liste de temps en temps, lorsque je tomberai sur un morceau extraordinaire ^^

par François Aubouy publié dans : Textes libres
Samedi 19 mars 2005

Belle eau grisâtre et rives bleues

En un vaste sommeil sans fond

Où mes pensées fragiles et monotones

Sans un rayon de soleil farceur

D'un rebond rapide sur les cils

Sans heurt et encore fatigué

Mon oeil ou vert mais toujours gris.

par François Aubouy publié dans : Poèmes
Vendredi 18 mars 2005

A l’abri dans les hauteurs, Loreleï et Black Cat déposèrent avec délicatesse les deux gamins au sol. La jeune femme posa la tête sur la poitrine de Keren.

- Celui-là n’est pas bien du tout. Son cœur bat à deux à l’heure. 

- L’autre est conscient. Par contre il n’a pas l’air de voir la vie en rose.

- Fais-lui boire une de tes potions !

- Mouais…

Blacky sortit une petite fiole de sa ceinture et fit avaler son contenu à Gilean. Il s’endormit aussitôt. 

- C’était ton idée de les récupérer. On fait quoi maintenant ? dit Loreleï.

- On devrait peut-être les ramener au vieux. J’suis pas médecin moi. 

Ils se remirent en route, plus doucement. Un escalier les fit rejoindre la terre ferme. A cette heure, personne ne pointait son nez dehors ; c’était toujours ça de gagné. 

- C’est qu’il est lourd ce garnement, ronchonna Black Cat. 

- On en a pour un bon quart d’heure, fais un effort pour une fois. 

- Tu sais bien que l’exercice physique, c’est pas… 

Un homme avec un grand chapeau et un manteau noir était assis contre un mur, devant eux à quelques mètres. Son visage était invisible. Quelque chose n’allait pas. Ils s’arrêtèrent à quelques mètres du problème. 

- Qui êtes-vous et que voulez-vous ? lança Loreleï. Nous n’avons rien, sinon ces deux enfants blessés. 

- Une p’tite pièce s’il vous plaît, dit l’homme d’une voix rocailleuse. 

- Où les emmenez-vous ? dit une voix. 

Loreleï et Black Cat se retournèrent aussi vite que possible. Depuis quand ces deux hommes étaient-ils derrière eux ? 

- Que voulez-vous ? hésita Lore’. Nous avons sauvé ces deux enfants de l’incinération. Enfin, celui-là en tout cas. Nous les ramenons à leur mentor ; un vieil homme. 

- Posez-les à terre ! ordonna le plus âgé de sa voix grave. 

- Ne me dites pas que vous cherchez le combat ! dit Black Cat. Si c’est le cas, attendez au moins… 

- Ne vous inquiétez pas ! Je vais les soigner. Posez-les à terre ! 

Loreleï balaya les environs du regard ; personne pour les aider en cas de pépin. Comment avoir confiance ? Cette fois la fuite ne paraissait pas une option valable. L’homme au manteau se désintéressait totalement de la situation, c’était d’autant plus troublant. Le soigneur approchait. 

La combativité du troisième type devint soudain écrasante. Lore’ fit un bond en arrière, stupéfaite. Son cœur battait à rompre.

par François Aubouy publié dans : Roman
Jeudi 17 mars 2005

II

 

 

Assis sur le comptoir, Keren sirotait une mauvaise bière locale. Le barman lui avait demandé plusieurs fois de descendre de là, mais rien à faire. Keren fixait depuis une dizaine de minutes un grand gaillard chauve qu’aucun homme sensé n’aurait voulu provoquer. Il arborait ce sourire qui avait le don d’insupporter. Mais contre toute attente, l’homme à l’aspect de brute se montrait extraordinairement patient. Autour d’eux, une faune disparate de tout âge et de tout horizon venait dépenser son argent en alcool et autre produit plus ou moins illicite.

Le combat mental intéressait pas mal de monde dans le bar. Des groupes de parieurs s’étaient formés et encourageaient à haute voix les duellistes, yeux dans les yeux. Un pauvre idiot se plaça entre les deux ; ça ne plut pas du tout aux spectateurs. Il finit par se prendre une bouteille mal placée. On l’évacua.

Keren avait complètement mis de côté son compagnon d’entraînement, son esprit tout entier tourné vers l’homme en face de lui. Il pouvait en oublier de manger, de boire, de dormir. La tension était devenue palpable. Bientôt il ne fut plus possible d’ignorer l’affrontement. Un silence cérémonieux s’installa dans ce lieu de dépravation, instant que choisit Gilean pour faire une entrée fracassante. La porte claqua sur sa course. Surpris par l’ambiance inhabituelle du bar, il s’arrêta. Mais la réalité s’imposa à nouveau à lui.

- On se tire ! hurla-t-il.

Dehors, un sifflement aigu s’intensifia. D’un réflexe général, tout le monde plongea à terre ; chanceux ou rapides furent ceux qui parvinrent à se faufiler sous une table. Une explosion terrible balaya la salle. Bouts de verre et échardes, sans parler de ce qui ne se pulvérisa pas, volèrent et rebondirent un peu partout.

 

La fumée se dissipa. Trois hommes habillés de cuir noir et équipés d’armes convaincantes passèrent de front le magnifique trou. Tous les clients gisaient à terre, inanimés. Certains se vidaient de leur sang ; d’autres avaient déjà passé l’arme à gauche. A l’extérieur, un attroupement s’était constitué et assistait à la scène ; personne n’était été assez fou pour intervenir. Les trois hommes prirent leur temps.

- Al, retrouve-moi ce garnement, dit l’un.

- Compris, Capitaine Herk !

Il fit le tour de pièce, retourna quelques corps, et finit par se figer comme devant un problème insoluble.

- Capitaine !

- Quoi encore ?

- Il s’est dédoublé…

- Qu’est-ce que tu racontes, imbécile !

Il rejoignit son subordonné, et fut forcé de reconnaître qu’il avait raison.

- Nous voilà avec un nouveau problème sur les bras, souffla-t-il de dépit. Déjà qu’il va falloir justifier tout ce massacre.

Al baissa la tête, penaud.

- Il allait s’enfuir… Mon doigt a glissé sur le bouton d’allumage… J’ai trébuché, murmura-t-il.

- T’as toujours une bonne excuse de toute manière ! Essaie au moins de retrouver les pommes qu’il a volées.

- Elles doivent être en compote…

Herk soupira longuement. Il sonna la retraite.

- On rentre à la caserne ! On a fait assez de bêtises pour ce soir.

- Compris Capitaine, répondirent les deux autres en cœur.

 

Soulagement général. Mais à peine la Brigade avait-elle quitté les lieux qu’une sirène prit le relais. Les Nettoyeurs venaient faire leur boulot. Un poids-lourd surgit en trombe et emporta plusieurs étalages sur son passage. Une dizaine de combinaisons intégrales blanches descendirent du véhicule, un lance-flamme en main. Il fallait incinérer au plus vite ces corps, pour le bien de tous.

- Reculez tous ! ordonna un des hommes. Nous allons les aligner ici. Vous connaissez le règlement. Alors faites place !

Deux d’entre eux s’occupaient de traîner les dépouilles à l’extérieur.

- Chef, certains sont encore en vie, dit l’un.

- Mets-les de côté ! Nous aviserons suivant leur état.

Sur une quarantaine de clients, seulement six respiraient encore. Gilean en faisait partie. Il remuait et baragouinait des mots incompréhensibles. La douleur et la détresse se lisaient sur son visage ensanglanté. Un léger ronflement signala l’allumage des lance-flammes.

Un couple entra dans le périmètre de sécurité à ce moment-là.

- Reculez tout de suite ! beugla un Nettoyeur.

- C’est nos enfants, implora la femme. Laissez-nous les voir une dernière fois, s’il vous plaît.

- Celui-ci n’est pas mort, madame. Avec un peu de chance il survivra à ses blessures. Quant à l’autre… Vous connaissez le règlement.

La femme s’approcha de Keren et se pencha. Elle pleurait à chaude larmes. L’homme prit Gilean dans ses bras et le serra contre lui. Il jeta négligemment un regard vers le ciel, impassible.

- Maintenant !

D’un bond il se retrouva sur les toits, et détala.

- Nom de…, jura le chef entre ses dents.

- La femme a disparu aussi ! dit un autre.
par François Aubouy publié dans : Roman
 

Texte libre

 

 

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