- Ca suffit ! gronda Trevor dont la superbe balafre était maintenant visible.
- Juste un test, rit ladolescent aux cheveux blonds.
Black Cat aurait juré saisir une pointe de surprise et de tristesse dans sa voix. Trevor sagenouilla. Il appliqua ses mains sur le torse de Gilean et murmura quelques paroles inaudibles. Une lumière bleutée enveloppa le corps.
- A lautre maintenant, dit-il.
Pour Keren, ce fut plus long, et apparemment plus compliqué. Le visage de Trevor se crispa sous leffort. Laura fut si intense quelle illumina la rue entière. Eolh aida son ami à se relever. Il lui tendit son bâton de marche.
- Longtemps que je navais plus fait ça, souffla lhomme des bois. Ce gosse était à deux doigts dy rester
- Merci, dit Loreleï encore sous le choc. Je ne sais comment vous avez
- Cest mieux comme ça ! coupa Trevor. Ils se réveilleront dans quelques heures.
- Je suppose quil est inutile de vous demander vos noms.
- Vous supposez bien, répondit Narcam, monocorde.
Un long silence clôtura cette discussion. Black Cat et Loreleï installèrent les enfants sur leur dos.
- Bonne route, lança Eolh dune voix claire.
Dun petit trot rapide, sans le moindre échange de parole, ils atteignirent enfin limmeuble.
- Je crois que cest ici, dit Loreleï.
- Jespère que le vieux est là-dedans, grogna Black Cat, sinon jabandonne ce gosse dans une poubelle.
Ils pénétrèrent dans le bâtiment plongé dans lobscurité.
- Pourquoi ce nest jamais simple ? renchérit Blacky.
- Fais attention où tu mets les pieds. Et arrête de râler ! Cest au dernière étage.
- Grrrr !
Une fois en-haut, Lore lança de nombreux appels ; sans réponse. Ils finirent par allonger Gilean et Keren sur un lit et saccoudèrent côte à côte à la fenêtre de la chambre pour apprécier ce moment de tranquillité.
- Ces trois gars étaient vraiment étranges, pensa tout haut Loreleï.
- Tu peux le dire ! Comment a-t-il pu
- Vous désirez ?
Les deux compères faillirent passer par-dessus bord de surprise. Ils pivotèrent pour se retrouver nez contre nez avec un vieillard plein de poils.
- Hic ! tressaillit Loreleï.
Taufang leva un sourcil.
- Cest malin ! A cause de vous
hic
jai attrapé le hoquet.
- Désolé de vous avoir fait peur. Je suis un peu dur doreille ; je ne vous avais pas entendu arriver.
- A quoi ça sert que je
hic
mépoumone alors ?
- On vous a ramené ces deux-là, enchaîna Black Cat, désireux dun finir avec cette histoire.
- Je suppose quils ont encore dépensé leurs maigres économies en boisson, dit Taufang, déçu.
Le vieil homme fronça ses épais sourcils et se rapprocha un peu de Gilean et Keren.
- Ils ne se sont pas contentés de boire. Ils se sont battus, cest bien ça ?
Lore et Blacky se regardèrent.
- Hic !
- Exactement ! sexclama Black Cat. Sous leffet de lalcool, ils ont déclenché une bataille générale dans le bar.
- Attendez un peu quils se réveillent ! En tout cas, mille mercis de les avoir ramenés. Acceptez ces quelques pièces, jeunes gens.
De sa lourde robe grise il sortit un peu dargent. Loreleï sempressa de le récupérer.
- Ha ! Où ai-je la tête ? Je ne me suis pas présenté : Taufang, enchanté de vous connaître.
- Black Cat. Tout le plaisir est pour nous.
- Lor
hic
eleï !
- Vous me paraissez bien fatigués. Voulez-vous passer la nuit ici ? Si vous navez pas dautre lieu pour dormir bien entendu.
Une émotion inattendue les submergea.
- Nous vous remercions, mais
- Il ny a pas de mais. Vous êtes les bienvenus. Prenez la pièce de derrière !
Ne sachant que dire, ils gagnèrent leur chambre dun soir lun derrière lautre. Black Cat se jeta sur le lit et senroula dans la couverture. Loreleï partit dun fou-rire presque nerveux. Elle retira ses vêtements à tout allure et plongea à son tour.
- Attention, me voilà ! Et ne prends pas toute la couverture.
- Haaaaa !! Tu es
tu es
- Mes vêtements sont là-bas, si cest ça ta question.
- Dévergondée !
Une lutte formidable dune dizaine de minutes finit de les épuiser. Serrés lun contre lautre sous cette petite couverture, ils sendormirent. Un peu plus tard, Taufang ferma doucement leur porte. Il laissa la lumière allumée.
- Braves petits
, dit-il dans un sourire.
Je passe mes journées à jouer de la guitare en ce moment, je me devais de dire quelques mots sur le sujet.
Matériel : je n'ai qu'une pauvre guitare classique rafistolée au chaterton sur toute sa base en raison d'une chute malheureuse lors d'une virée en montagne. Elle sonne encore à peu près bien - heureusement - mais son aspect extérieur peut surprendre au prime abord.
Répertoire : Je me débrouille pour l'instant à trouver des morceaux plus ou moins mélodiques, en harpèges, qui ressortent correctement sur une classique. Lorsque je voudrai passer à autre chose, je piquerai la folk de mon père.
Je vous ai fait une petite sélection des tablatures que je joue en ce moment. Je n'ai pas trouvée certaines d'entre elles sur le net, comme "Tsuki no Hikari" une ballade tirée du manga Lodoss War ou un morceau irlandais dont j'ignore le titre...
Si vous êtes l'auteur d'une de ces tablatures ou l'artiste propriétaire du morceau, et que vous ne désirez pas voir apparaitre celle-ci sur mon blog, merci de me mailer.
Metallica - Nothing else Matters
Blind Guardian - Bard's Song - The Forest
Led Zeppelin - Stairway to Heaven
Artiste Inconnu - Jeux Interdits
Marcel Dadi - Derviche Tourneur
Je vous fais grâce des tablatures - accords plutôt - d'Hôtel California, de The House of the Rising Sun, et cie, sans grand intérêt pour le guitariste mais utiles pour accompagner ces chansons.
J'updaterai cette liste de temps en temps, lorsque je tomberai sur un morceau extraordinaire ^^
Belle eau grisâtre et rives bleues
En un vaste sommeil sans fond
Où mes pensées fragiles et monotones
Sans un rayon de soleil farceur
D'un rebond rapide sur les cils
Sans heurt et encore fatigué
Mon oeil ou vert mais toujours gris.
A l’abri dans les hauteurs, Loreleï et Black Cat déposèrent avec délicatesse les deux gamins au sol. La jeune femme posa la tête sur la poitrine de Keren.
- Celui-là n’est pas bien du tout. Son cœur bat à deux à l’heure.
- L’autre est conscient. Par contre il n’a pas l’air de voir la vie en rose.
- Fais-lui boire une de tes potions !
- Mouais…
Blacky sortit une petite fiole de sa ceinture et fit avaler son contenu à Gilean. Il s’endormit aussitôt.
- C’était ton idée de les récupérer. On fait quoi maintenant ? dit Loreleï.
- On devrait peut-être les ramener au vieux. J’suis pas médecin moi.
Ils se remirent en route, plus doucement. Un escalier les fit rejoindre la terre ferme. A cette heure, personne ne pointait son nez dehors ; c’était toujours ça de gagné.
- C’est qu’il est lourd ce garnement, ronchonna Black Cat.
- On en a pour un bon quart d’heure, fais un effort pour une fois.
- Tu sais bien que l’exercice physique, c’est pas…
Un homme avec un grand chapeau et un manteau noir était assis contre un mur, devant eux à quelques mètres. Son visage était invisible. Quelque chose n’allait pas. Ils s’arrêtèrent à quelques mètres du problème.
- Qui êtes-vous et que voulez-vous ? lança Loreleï. Nous n’avons rien, sinon ces deux enfants blessés.
- Une p’tite pièce s’il vous plaît, dit l’homme d’une voix rocailleuse.
- Où les emmenez-vous ? dit une voix.
Loreleï et Black Cat se retournèrent aussi vite que possible. Depuis quand ces deux hommes étaient-ils derrière eux ?
- Que voulez-vous ? hésita Lore’. Nous avons sauvé ces deux enfants de l’incinération. Enfin, celui-là en tout cas. Nous les ramenons à leur mentor ; un vieil homme.
- Posez-les à terre ! ordonna le plus âgé de sa voix grave.
- Ne me dites pas que vous cherchez le combat ! dit Black Cat. Si c’est le cas, attendez au moins…
- Ne vous inquiétez pas ! Je vais les soigner. Posez-les à terre !
Loreleï balaya les environs du regard ; personne pour les aider en cas de pépin. Comment avoir confiance ? Cette fois la fuite ne paraissait pas une option valable. L’homme au manteau se désintéressait totalement de la situation, c’était d’autant plus troublant. Le soigneur approchait.
La combativité du troisième type devint soudain écrasante. Lore’ fit un bond en arrière, stupéfaite. Son cœur battait à rompre.
II
Assis sur le comptoir, Keren sirotait une mauvaise bière locale. Le barman lui avait demandé plusieurs fois de descendre de là, mais rien à faire. Keren fixait depuis une dizaine de minutes un grand gaillard chauve quaucun homme sensé naurait voulu provoquer. Il arborait ce sourire qui avait le don dinsupporter. Mais contre toute attente, lhomme à laspect de brute se montrait extraordinairement patient. Autour deux, une faune disparate de tout âge et de tout horizon venait dépenser son argent en alcool et autre produit plus ou moins illicite.
Le combat mental intéressait pas mal de monde dans le bar. Des groupes de parieurs sétaient formés et encourageaient à haute voix les duellistes, yeux dans les yeux. Un pauvre idiot se plaça entre les deux ; ça ne plut pas du tout aux spectateurs. Il finit par se prendre une bouteille mal placée. On lévacua.
Keren avait complètement mis de côté son compagnon dentraînement, son esprit tout entier tourné vers lhomme en face de lui. Il pouvait en oublier de manger, de boire, de dormir. La tension était devenue palpable. Bientôt il ne fut plus possible dignorer laffrontement. Un silence cérémonieux sinstalla dans ce lieu de dépravation, instant que choisit Gilean pour faire une entrée fracassante. La porte claqua sur sa course. Surpris par lambiance inhabituelle du bar, il sarrêta. Mais la réalité simposa à nouveau à lui.
- On se tire ! hurla-t-il.
Dehors, un sifflement aigu sintensifia. Dun réflexe général, tout le monde plongea à terre ; chanceux ou rapides furent ceux qui parvinrent à se faufiler sous une table. Une explosion terrible balaya la salle. Bouts de verre et échardes, sans parler de ce qui ne se pulvérisa pas, volèrent et rebondirent un peu partout.
La fumée se dissipa. Trois hommes habillés de cuir noir et équipés darmes convaincantes passèrent de front le magnifique trou. Tous les clients gisaient à terre, inanimés. Certains se vidaient de leur sang ; dautres avaient déjà passé larme à gauche. A lextérieur, un attroupement sétait constitué et assistait à la scène ; personne nétait été assez fou pour intervenir. Les trois hommes prirent leur temps.
- Al, retrouve-moi ce garnement, dit lun.
- Compris, Capitaine Herk !
Il fit le tour de pièce, retourna quelques corps, et finit par se figer comme devant un problème insoluble.
- Capitaine !
- Quoi encore ?
- Il sest dédoublé
- Quest-ce que tu racontes, imbécile !
Il rejoignit son subordonné, et fut forcé de reconnaître quil avait raison.
- Nous voilà avec un nouveau problème sur les bras, souffla-t-il de dépit. Déjà quil va falloir justifier tout ce massacre.
Al baissa la tête, penaud.
- Il allait senfuir
Mon doigt a glissé sur le bouton dallumage
Jai trébuché, murmura-t-il.
- Tas toujours une bonne excuse de toute manière ! Essaie au moins de retrouver les pommes quil a volées.
- Elles doivent être en compote
Herk soupira longuement. Il sonna la retraite.
- On rentre à la caserne ! On a fait assez de bêtises pour ce soir.
- Compris Capitaine, répondirent les deux autres en cur.
Soulagement général. Mais à peine la Brigade avait-elle quitté les lieux quune sirène prit le relais. Les Nettoyeurs venaient faire leur boulot. Un poids-lourd surgit en trombe et emporta plusieurs étalages sur son passage. Une dizaine de combinaisons intégrales blanches descendirent du véhicule, un lance-flamme en main. Il fallait incinérer au plus vite ces corps, pour le bien de tous.
- Reculez tous ! ordonna un des hommes. Nous allons les aligner ici. Vous connaissez le règlement. Alors faites place !
Deux dentre eux soccupaient de traîner les dépouilles à lextérieur.
- Chef, certains sont encore en vie, dit lun.
- Mets-les de côté ! Nous aviserons suivant leur état.
Sur une quarantaine de clients, seulement six respiraient encore. Gilean en faisait partie. Il remuait et baragouinait des mots incompréhensibles. La douleur et la détresse se lisaient sur son visage ensanglanté. Un léger ronflement signala lallumage des lance-flammes.
Un couple entra dans le périmètre de sécurité à ce moment-là.
- Reculez tout de suite ! beugla un Nettoyeur.
- Cest nos enfants, implora la femme. Laissez-nous les voir une dernière fois, sil vous plaît.
- Celui-ci nest pas mort, madame. Avec un peu de chance il survivra à ses blessures. Quant à lautre
Vous connaissez le règlement.
La femme sapprocha de Keren et se pencha. Elle pleurait à chaude larmes. Lhomme prit Gilean dans ses bras et le serra contre lui. Il jeta négligemment un regard vers le ciel, impassible.
- Maintenant !
Dun bond il se retrouva sur les toits, et détala.
- Nom de
, jura le chef entre ses dents.
