L'Anneau
Petit carnet de voyage
 
 
 
 
 
 

Liste articles       /       PremiÚre visite       /       Blogs à voir

(Aucune des photos et aucun des dessins présents sur ce blog n'est de moi)

 
Mardi 15 mars 2005

Un homme fin courait et sautait de toit en toit comme s’il avait un dragon à ses trousses. Noir comme sa tenue moulante, le long bandeau attaché dans ses cheveux ondulait derrière lui. Son être entier paraissait léger, au point de se demander s’il pouvait voler. Pourtant, sur son beau visage se reflétait un étrange effroi. A une trentaine de mètres derrière lui bondissait une femme aux cheveux verts. Elle gagnait du terrain. Vêtue de couleurs vives, un peu de bleu par-ci, un peu de rouge par-là – comme un vitrail au soleil – la jeune femme au décolleté bien garni vociférait. Ses lacets étaient défaits, mais était-ce cela ? Elle brandissait un curieux petit bâton au-dessus de sa tête.

 

Lorsqu’elle fut à portée de voix, elle déchargea littéralement un torrent d’insultes bien senties.

- Arrête-toi tout de suite espèce de branquignol à tête de babouin. Gare à tes fesses, tu vas goûter à la colère divine. « Dévergondée ». J’t’en donnerai moi ! Ce sale type m’insulte au moindre petit bout de peau qui dépasse. Cette fois c’en est trop ! Non mais… « dévergondée », moi…

Elle saisit son bâton de ses deux mains, et hurla « MASSUE ». Ce n’était plus un bâtonnet mais une gigantesque massue transparente qu’elle s’apprêtait à écraser maintenant sur le pauvre homme en noir. Un hologramme ? Attendez de la recevoir sur la tête… D’un mouvement de tout le corps, de haut en bas, la drôle de femme balança une attaque magistrale. Au même instant, la victime de toute cette agressivité glissa malencontreusement sur une tuile mal fixée et s’étala de tout son long. Ventre à terre, sa course se poursuivit sur plusieurs mètres et son menton rencontra de trop nombreuses arrêtes de tuile.

Surpris par cet obstacle inattendu, la fille fit un saut majestueux par-dessus, flotta plusieurs secondes tel un oiseau, et s’écrasa sur une cheminée qui dépassait. La massue aussitôt reprit sa forme d’origine.

- Blacky, je te hais, parvint-elle à articuler.

L’homme en noir, indemne, s’approcha doucement – prudemment surtout – puis l’aida à se relever.

- Sans rancune Lore’ ? dit-il avec un grand sourire

- Sans rancune sale type !

 

Ils s’assirent et profitèrent de cette vue de dessus de la ville, si calme. En-bas régnait continuellement cette sorte de tension indescriptible. Ici, on ne risquait rien. Les maisons étaient inhabitées pour la plupart. Pas la moindre lumière ; tiens, si, là-bas il y en avait une. Les deux amis aux mœurs si particulières plissèrent les yeux.

- Lore’, tu vois quelque chose ?

- On dirait que ça castagne dur. Un gosse avec une hache est en train de massacrer des bonshommes suicidaires.

- Hein ? Tu t’es pas encore remis du coup de cheminée je crois.

- C’est terminé. Il a fait ça avec beaucoup de savoir faire. Il a l’air plutôt content de lui le p’tit gars. Il a repeint la pièce bien comme il faut.

- C’est joyeux tout ça !

- Il n’est pas seul, y’a un autre gosse du même âge… Et voilà un vieux qui se pointe maintenant.

- T’as vraiment une bonne vue, dit Black Cat dégoûté. Tant que t’y es, tu peux pas lire leur discussion sur leurs lèvres ? A moins que tu les entendes !

- Le gamin nous a vu ! s’écria Loreleï. On dégage !

D’un bond ils plongèrent dans le vide. Quelques étages plus bas, toujours entiers, ils reprirent leur course folle, côte à côte cette fois.

- J’ai repéré la maison, dit Loreleï. Tu me connais, curieuse comme je suis…

- Oui, oui, pas besoin d’en dire plus. J’ai compris. Mais avant, rhabille-toi !
par François Aubouy publié dans : Roman
Lundi 14 mars 2005

Des corps mis en charpie jonchaient la petite pièce. Au milieu, un gosse qui n’avait pas 15 ans se tenait droit, fier, un lourd marteau posé sur l’épaule. Ses vêtements, ses mains, son visage, étaient entièrement recouverts du sang de ses victimes. Il enjamba quelques cadavres, franchit la porte et attendit sagement dans le couloir. Quelques minutes plus tard, un autre jeune du même âge le rejoignit. Lui portait une énorme hache de bataille à double tranchant. Ils se sourirent le plus amicalement du monde.

- Je t’ai battu, 2 minutes 37 de mieux !

- J’ai préféré m’assurer qu’ils étaient tous bien morts.

- Vu l’état des miens, je pouvais me passer de vérification.

Ils éclatèrent de rire. Des bruits de pas les forcèrent à retrouver leur sérieux. Un vieil homme, des yeux d’un gris pâle et coiffé d’une gigantesque natte, s’avançait vers eux. Une pipe sculptée fléchait une bouche perdue entre une barbe et une moustache touffues. Les deux gamins inclinèrent légèrement la tête respectueusement. Le vieil homme tira sur sa pipe et s’exprima dans un nuage de fumée.

- Gilean, Keren, vous avez fait de sérieux progrès. Vous commencez même à vous amuser, c’est bon signe. Je doublerai le poids de vos armes, et le nombre d’automates pour le prochain test.

- Doubler ? s’écria l’enfant au marteau. Vous voulez qu’on se fatigue ou quoi ?

- Maître Taufang, vous ne voulez pas plutôt qu’on passe à l’exercice réel, contre de vrais adversaires ? ajouta l’enfant à la hache. On s’ennuie ces derniers temps. Y’a pas vraiment de tension…

Un poids terrible les écrasa soudain.

- Si vous ne voulez pas vous retrouver dans le même état que ces pauvres robots, je vous suggère de poursuivre encore un peu votre apprentissage de l’art du combat, dit l’homme d’une voix grave.

Gilean en laissa tomber son arme ; il avait rarement vu son maître aussi sérieux. Il détourna son regard vers la fenêtre. Il faisait déjà sombre dehors. Deux formes obscures les observaient, sur un toit. Il cligna des paupières ; plus rien ! Il devait avoir rêvé…

 

Après l’amusement vinrent les corvées. Il s’agissait avant toute chose de nettoyer le massacre dont ils étaient les auteurs. Ca aurait été plus rapide de tout repeindre en rouge. Il y avait du « sang » sur tous les murs et même au plafond ; de quoi causer un infarctus au plus coriace des commissaires de la criminelle. Le ménage terminé, ce fut l’heure des courses. Gilean et Keren, insouciants au possible, piles électriques à rendre fou, se jetèrent à toute allure à l’extérieur de la salle d’entraînement. Ils n’avaient pas pris la peine de changer leurs vêtements légers. Le froid, ils ne connaissaient pas. Le Marché ne se trouvait pas bien loin.

- Comme d’hab, le dernier arrivé s’occupe des courses et l’autre part boire un coup, lança Gilean

- Tu vas encore perdre ! Héhéhé !

- Cause toujours, je te rappelle qu’on est à égalité.

Les rues étaient désertes. Les deux jeunes ado en profitèrent pour faire du saut d’obstacle et se jouer de vilains tours. De loin, ils ressemblaient à deux chats jouant à se poursuivre. Gilean et Keren auraient pu être frères. Ils avaient tous deux des cheveux noirs comme le jais, légèrement frisés, qui leur arrivaient aux épaules. Leurs yeux étaient tels des abysses sans fond, profonds et sombres. Leur visage fin respirait la bonne humeur et l'audace.

 

Le Marché vivait nuit et jour, comme si toute la population de la ville se réunissait là pour discuter, troquer, s’affronter… Une chaleur particulière s’en dégageait, à la fois réconfortante et dérangeante. L’Homme trouvait là de quoi étancher sa soif de contacts. Cependant, ces rencontres n’étaient pas toujours de bonnes rencontres. Il était facile de se perdre. Le Marché s’étalait encore et encore. Certains y passaient leur vie. Malgré cela ils ne le connaissaient pas dans sa totalité.  

Les premières tentes apparurent à Gilean et Keren. Ils arrêtèrent leur course et soufflèrent un grand coup. Après un rapide coup d’œil entendu, ils reprirent leur marche. Les jeunes n’étaient pas monnaie courante dans la ville, encore moins dans le Marché. Un bonhomme les dévisagea et les suivit du regard aussi longtemps qu’il put. Il ne fut pas le seul. Malgré leur confiance en eux inébranlable, les deux gamins n’en menaient pas large. Pas question de se laisser écraser pour autant ! Ils n’hésitèrent pas à plonger leurs yeux, rebelles, dans ceux des individus un peu trop louches.

- Bien, comme convenu c’est toi qui t’occupes des courses, annonça Keren.

- Pas d’accord ! On est arrivés ensemble, répliqua Gilean.

- Tout dépend où tu prends la ligne d’arrivée. Sur le sprint final, je t’ai gratté.

- Je ne vois pas pourquoi ça aurait changé. Les deux poubelles forment la ligne d’arrivée.

- Elles changent tout le temps de place. Impossible de savoir !

- C’est toujours la même histoire. Et ton raisonnement ne tient pas debout.

- Et même si c’est les deux poubelles, je suis certain d’être passé en premier.

- Dans tes rêves ! Change tes yeux !

Ils restèrent à s’affronter du regard pendant une longue minute. Finalement, Gilean haussa les épaules.

- Chacun son tour. La dernière fois c’était moi, dit-il dans un soupir résigné.

- J’ai gagné !

Keren sauta de joie et disparut dans la seconde.

 

***

par François Aubouy publié dans : Roman
Dimanche 13 mars 2005

Il fallait que je trouve un moyen de me motiver, j'en ai trouver un ! Depuis trop lontemps mon roman dort dans un coin de mon ordinateur, et ça ne peut plus durer. A partir d'aujourd'hui, et tous les un ou deux jours, je lancerai donc une page de "mon roman" (nom provisoire), ce qui va vite m'obliger à reprendre son écriture.

 

Depuis la colonne de droite - en haut - vous pourrez atteindre facilement les articles consacrés au roman sans avoir à chercher des heures où les trouver et dans quel ordre les lire.

Remarque : la catégorie "Roman" les exposera dans l'ordre antichronologique.

 

Je compte sur vous pour participer à ce projet, pour commenter et critiquer au fur et à mesure. Le genre - fantastique - ne conviendra sans doute pas à tout le monde, mais ça je n'y peux rien.

L'avantage du processus est que vous n'aurez pas 20 pages ou plus à lire d'un coup comme pour certains de mes textes... je comprends que ça puisse rebuter. Là, le rythme sera assez lent, idéal pour vous et pour moi.

 

Je compte sur vous pour vous laisser prendre au jeu et m'aider dans ma tâche de toutes les manières possibles.

par François Aubouy publié dans : News
Dimanche 13 mars 2005

I

 

 

La rue était sombre et silencieuse. Un homme âgé s’avançait, son katana dressé, prêt à en découdre avec n’importe quel danger. Une ombre discrète passa derrière lui. L’homme ne modifia en rien sa manière de progresser. Sur les toits, quelqu’un d’autre se déplaça ; un ninja n’aurait fait mieux. Au milieu de la chaussée, visible sous les réverbères, l’homme hurla à en faire trembler les murs.

« Montrez-vous ! Je ne vous crains pas ! Montrez-vous ! »

Il planta sa lame dans le bitume devant lui et attendit, les mains posées sur le pommeau. Les deux ombres avaient cessé tout mouvement et attendaient un signe. Sentir suffisait, elles sauraient quand passer à l’action.

Le sol se déforma lentement à quelques mètres de l’homme, et il en sortit trois créatures munies de tentacules. De la bave dégoulinait abondamment de ce qui pouvait être une bouche. Des borborygmes s’en échappaient et emplissaient l’atmosphère devenue totalement malsaine.

« Seulement trois ! Ce sera vite réglé ! »

L’homme se saisit de son arme et se jeta sans plus attendre sur ses adversaires. D’un geste sûr, il en décapita un. Les ombres tombèrent du ciel et éliminèrent les deux autres dans la fraction de seconde qui suivit.

« Sanders, montre-toi ou nous supprimons toutes tes sales bestioles ! »

Une explosion dispersa un pan de mur sur toute la largeur de la rue. Une main verdâtre et griffue surgie de je ne sais quel cauchemar fit son apparition. Elle paraissait avoir un mal fou à se déplacer, titubant à droite et à gauche.

« Vous ne m’aurez jamais ! »

A peine eut-elle terminé sa phrase qu’elle était traversée de toute part. Elle s’effondra à terre et la lumière revint quelques instants.

« Vraiment trop facile ce mode ultra-violence. On n’a plus rien à faire ici, on sort ! »

 

Jeune homme aux longs cheveux bleu-noir, Narcam enleva son casque virtuel. Ses deux amis firent de même à quelques mètres de lui. La salle d’arcade était plongée dans l’obscurité. Le petit générateur d’énergie rendit l’âme. L’un d’entre eux, celui qui paraissait le plus âgé, le rangea soigneusement dans son sac à dos. Son visage était traversé d’une vilaine balafre, un visage qui n’avait pas l’habitude de sourire. En revanche, le troisième gaillard, pas plus de dix-huit ans, respirait la joie. Il en avait largement pour deux.

- Trevor, on fait quoi maintenant ? questionna le blondinet. On va se vider quelques chopes ?

Trevor… Etait-ce son vrai nom ? Il respirait le calme. Des vêtements en cuir marron, des yeux bruns, des cheveux châtain foncé en bataille ; un véritable homme des bois. D’ailleurs, un bâton de marche était fixé entre son sac et son dos.

- On verra bien ce que le vent nous amène. Sortons déjà de ce bouiboui moisi ! On y va !

Sans attendre la moindre réponse, il s’élança d’un pas leste à l’extérieur. Eolh - le blondinet - se jeta derrière lui en courant. Une nuit froide, comme toutes les nuits, les accueillit. Le vent les gela sur place. Ils ne s’en soucièrent pas ; question d’habitude. Narcam, vêtu de son grand manteau en cuir noir fermait la marche à quelques encablures, un léger sourire narquois comme il en avait le secret sur le visage.

 

Un petit groupe de jeunes discutait devant un pub sans caractère, seule animation dans la sombre rue. Seize heures, ça ne voulait plus dire grand-chose. Trevor s’arrêta au milieu de la chaussée. Il leva les yeux au ciel et huma l’air. Que pouvait-il bien sentir ? Personne ne le savait, mais son instinct ne le trompait jamais.

- Il y a de l’activité au Marché. Il a dû se passer quelque chose d’anormal pour que ça remue comme ça. On va voir !

Il jeta un coup d’œil sévère à Eolh.

- Juste voir, j’espère que c’est bien clair.

- Bien clair, ne t’inquiète pas.

L’adolescent lui renvoya un immense sourire qui en aurait désarmé plus d’un. Trevor ne s’en inquiéta pas. Le trio partit d’une foulée légère et se noya dans l’obscurité.

 

***

par François Aubouy publié dans : Roman
Vendredi 4 mars 2005

Après plusieurs jours de lutte intense je cède enfin. Je me dois absolument de mettre un mot sur la formidable, extraordinaire, intemporelle (heu...), performance de Pier Paolo. C'est un des trucs qui me donne à la pêche à 100% en ce moment. Impossible de s'empêcher de sourire, de ne pas apprécier ce génial moving...

 

Si vous n'êtes pas encore au courant, ou que juste pour le plaisir vous avez envie de mater ça encore une fois, c'est là qu'il faut cliquer : Numanumaye. Il y a des milliers d'autres sites qui diffusent la vidéo (entrez "numanumaye" sous Google juste pour avoir une idée de l'ampleur du phénomène)... Pier fait le tour du monde, et il le mérite ! Il y a du génie là-dessous.

 

Pour que tout fonctionne bien il faut Macromedia Flash et Shockwave... que 90% des gens ont, mais je précise quand même. N'oubliez pas de brancher le son !

par François Aubouy publié dans : Textes libres
 

Texte libre

 

 

Catégories

Newsletter

Inscription à la newsletter
 
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus