Il marchait vite, par habitude, parce qu’il ne voulait être en retard, pour ne pas que la mort le rattrape ni que sa mélancolie l’emporte. La musique qui le séparait un peu des bruits de la ville était tout à la fois source de plaisir et de douleur, car bercé par sa mélodie il s’imaginait faire l’amour avec Elle. Rien n’avait d’importance, le voile de la fatigue comme une brume opaque, corrompu par un désir inavouable qui faussait tout. Mais jamais l’étincelle ne s’éteignait, patiente. Une note suffit. Le cœur se remit à battre, l’énergie se diffusa, et Elle redevint une force. Il comblerait cette distance, et il prendrait le temps nécessaire. Rien ne se mettrait en travers de leur chemin ! Ses yeux virent clair et il se promit de ne plus rechuter. Ainsi était-il : entier !
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