L'Anneau
Petit carnet de voyage
 
 
 
 
 
 

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(Aucune des photos et aucun des dessins présents sur ce blog n'est de moi)

 
Mardi 11 juillet 2006

Dieu que le temps avait filé vite ! Je passai une main dans ma longue barbe blanche, et esquissai un rictus de satisfaction. Tout comme je l’avais imaginé ! Le rocking-chair se balançait doucement. Dehors les cigales chantaient sous un soleil de plomb. Je fermai les yeux pour me replonger dans un autre temps. Le rictus se métamorphosa en sourire ; c’était le bon temps ! 

 

Je revois chaque pièce jusqu’au moindre détail. Une maison somptueuse, grande, faite pour nous ! Il manque une étape… comment l’avions-nous eue ? Je ne m’en rappelle pas. Est-ce bien important, elle n’en devient que plus magique encore.

Le lierre formait des tâches vertes un peu partout, sinon peut-être aurait-elle ressemblée à un bateau. Ha ! la grande salle de bal, le parquet en chêne clair, les grandes fenêtres ouvertes sur les vignes ! J’aimais marcher sur le marbre blanc frais de la cuisine, toujours pleine de vie. J’arpente le double escalier qui reliait notre petit univers au reste du monde. Là-haut c’était chez nous, et de mémoire aucun étranger n'y fut ne serait-ce qu’une fois toléré. Les cinq chambres offraient des atmosphères différentes, et l’on s’y réfugiait pour méditer, se détendre, créer, s’aimer. Je me souviens des grands coussins bariolés et des bougeoirs de la chambre du fond, du charmant foutoir, des peintures et du lustre de la chambre du sud, du dojo qui sentait si bon, des deux grands lits blancs du « champ de bataille » et des plumes de traversin qui parsemaient son sol. La dernière chambre, toute en bois, avait les murs recouverts de livres et offrait la chaleur naturelle d’un petit chalet. L’hiver on s’y réunissait, blottis devant la cheminée, pour refaire le monde tous ensemble.

De multiples fenêtres de couleur filtraient la lumière de l’astre solaire ou du ciel étoilé pour faire du grenier une pièce irisée, un petit paradis curieusement toujours à la bonne température. C’était comme une ouverture vers un autre lieu, différente à chaque fois qu’on en poussait la porte. 

 

Le temps peut être arrêté, car moi je vis encore là-bas, avec eux !

 

Texte libre

 

 

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