L'obscurité régnait en maître. Par-ci, par-là, rescapés de la tombée de la nuit mais perdus en cette terre inhospitalière, des esprits de lumière se cachaient des
ténèbres chasseresses. Comme eux, petite forme dans un coin de cellule, un Elfe dissimulait son visage couvert de larmes entre ses genoux. Non loin ses amis dormaient à poings fermés.
Cette soudaine tristesse l'avait saisi et emporté. Emotions et sentiments, refoulés depuis des semaines, remontaient en pagaille. Une légère aura, verte et jaune, teintée de bleu et de blanc,
s'en échappa et repoussa doucement les forces sombres qui pensaient profiter de cette apparente faiblesse.
Il releva la tête. Son regard profond, d'un bleu électrique, exprimait toute la complexité de cet être. Véritable prisme, il donnait vie à la lumière. Une main
ferme saisit le pendentif posé à la base de son cou, goutte d'eau aux mille facettes, fruit d'un amour à jamais donneur de courage. Violente et paisible, la vie de Narcam défila en coup de vent.
Le bijou en garda une trace parfaite, tel un miroir ; il résonnerait à jamais de ce contact.
L'Elfe ne lâcha prise. Il pouvait dorénavant s'attarder sur le grand livre inachevé ouvert devant lui. Les feuilles bruissèrent chaudement, sans poussière. Aucun chapitre, aucune ligne directrice
; sa vie ne se découpait pas, elle se propageait à l'infini, dans toutes les directions à la fois.
Etonnement, puis terreur ! En ce beau matin, dix jeunes hommes du village d'Elimna venaient de disparaître. Dans un si petit bourg, c'était la pire des catastrophes. Ces adolescents étaient l'avenir du village. Comment éviter le dépérissement maintenant ? Les sages d'Elimna durent prendre une décision. Peut-être les Trolls étaient-ils responsables de cet enlèvement ? Il ne fallait pas perdre de temps. Toute la milice du village, cinq guerriers, fut envoyée dans la forêt. Ils tournèrent rapidement en rond, désespérés de leur impuissance. Les seules pistes conduisaient à des terriers ou caches diverses ; aucune trace des disparus. La tête basse, la milice avait fait demi-tour. La chance ou la volonté des Dieux ? Ce fut en tout cas par hasard qu'ils découvrirent ces pas, d'Humains cette fois ils en étaient sûrs, dans le sol humide. Inutile d'être futé pour le comprendre, l'étude des traces était formelle ; les dix jeunes hommes suivaient le même chemin en file indienne. Etrange phénomène. Peu rassurés, mais courageux, les guerriers décidèrent de suivre la piste. Ils avaient prévu nourriture et eau. L'avenir du village était entre leurs mains.
Deux jours passèrent. Malgré leur entraînement et les nuits particulièrement courtes, les cinq miliciens n'arrivaient pas à rattraper les jeunes. Pourtant la piste était claire.
Au détour d'un sentier, ils découvrirent le premier corps. Le pauvre enfant, né à Elimna bien entendu, était mort de soif. Il avait le visage tout desséché. Cette rencontre inattendue bouleversa toutes les théories de la milice. Les adolescents ne fuyaient pas comme ils l'avaient d'abord pensé... il devait y avoir autre chose. Evénement annonceur d'une hécatombe, les miliciens découvrirent quatre autres cadavres dans la journée qui suivie, touchés par la même malédiction. Ils ne s'accordèrent alors plus la moindre seconde de repos. Il fallait arrêter ce massacre.
Le soleil avait laissé place à la nuit. Les guerriers étaient épuisés, mais ils poursuivaient leur marche. Presque avec habitude, ils décomptèrent trois nouveaux corps. Sauver les jeunes était devenu secondaire. Au fur et à mesure de leur avancée, une haine puissante avait grandi en eux. Ils voulaient punir le coupable. Les arbres laissèrent soudain place à une petite clairière. En son centre se dressait un immense rocher garni d'une ouverture naturelle. Les miliciens pénétrèrent dans la caverne et suivirent le dédale rocheux. Ils enjambèrent un dernier cadavre avant d'atteindre une immense cavité abritant un lac souterrain. La scène qui s'offrit à eux les laissa bouche bée. De l'autre côté de l'étendue d'eau, le dernier adolescent titubait derrière une sphère de lumière en lévitation. Les guerriers hurlèrent, mais le jeune ne réagit pas. Le globe se transforma alors lentement en un immense papillon, puis en fée. Elle se tourna lentement vers eux et leur adressa la parole.
"Comme à chaque début de siècle, une fée vient chercher le plus solide des Hommes pour se marier. Il a survécu deux jours et deux nuits sans eau ni nourriture, il sera mien ! Les lois sont immuables. Un tel événement est un coup dur pour votre village, nous le savons, mais durant cent ans il sera béni par les fées. Votre route est encore longue, ne tardez pas à rentrer".
La fée s'avança alors dans les eaux et emmena l'objet du destin dans les profondeurs.
Narcam était au sommet d'une haute montagne enneigée. Comment s'appelait-elle ? Il n'en savait rien. Le Grand Elfe aux cheveux bleu-noirs portait de légers habits faits d'une étrange matière. De fines paupières camouflaient ses yeux aciers aux reflets bleutés. Il lévitait au raz du sol, en tailleur, en parfaite concentration. Narcam déployait une douce lumière, qui en cette nuit sombre troublait les quelques animaux nocturnes parvenant à vivre dans ce milieu rigoureux. Des petits rongeurs et quelques rapaces étaient venus regarder, intrigués, les feuilles vert clair qui poussaient doucement autour de l'Elfe. Une mélodie surprenante se propageait dans l'atmosphère et se mariait avec le chant de la nature. Il n'avait d'autre équipement qu'un gros sac à dos en cuir, semblait-il, et un katana translucide.
Il ouvrit lentement les yeux et sourit à ses spectateurs. Il avait vu et ressenti beaucoup de choses et de gens. Un sentiment de satisfaction et d'exaltation profond le submergea au souvenir de Elivar, de Vlad, d'Azazel et de Laltitude le vengeur. Il réprima immédiatement ce sentiment et son visage se ferma. Il tourna le regard vers le vide qui s'étendait devant lui, abaissa à nouveau ses paupières quelques secondes, puis les rouvrit ; ce Omega Torhek l'intriguait. Au centre de tout cela : un couple. Comme c'était mignon ! Narcam s'attendrit et une pensée fugitive, une magnifique femme, traversa son esprit. Il la mit doucement de côté : il n'était pas encore temps de rentrer.
Un point de convergence : une certain taverne. Narcam était allé trop loin pour faire marche arrière. Il fit un signe d'adieu aux animaux ; ils s'en allèrent. Ca lui fit mal au coeur, mais l'Energie était ainsi faite il fit se flétrir les feuilles. D'un souffle, l'Univers lui apparut, un point, et fit son choix. La porte de la Taverne des Nains était entrouverte. Une chaleur épicée et bienveillante lui parvint il entra.
5h30 du mat...
Yav - Bon aller on s'couche les gars ? Faut s'lever tôt demain matin !
6h30 (le même jour)
DRIIINNNG !!
Carak - Personne n'a vu ma bière ? Celle que je prends au p'tit déj, que j'ai mis au frigo avant d'me coucher ? Elle doit être juste à point maintenant.
Yav - C'est pas Mel qui s'est levé pendant la nuit pour la boire ?
Melril - Lâche cette hache Carak je me suis levé pour aller aux toilettes !!
Narcam - Ch'sais pas vous mais moi j'ai bien dormi.
6h42
Carak - A moi la douche à moi la douche.
Narcam - NONNN ! Carak fais pas ça....
Carak ressort avec des bleus partout
Narcam - .... ya Elis qui est déjà dedans.
Carak - Bon ben lorsque Elis a fini (Dieu... quel corps de rêve) c'est à moi.
6h45 (tous lavés)
Melril - Record battu, lorsque Yav s'est lavé je voyais même plus ses mouvements tellement il allait vite.
Yav - C'est la classe !
7h30 (après avoir pris un bon p'tit déj, tous devant la télé).
Narcam - Hé les gars vous allez rigoler...
- Quoi ?? (en choeur)
Narcam - L'ouverture du nouveau bar au coin d'la rue, ben c'est demain.
- QUOOOOIII !!! (en choeur)
Carak - Moi des coups comme ça, ça m'déprime. J'vais me recoucher.
Yavellion (dessin de Clément, couleurs de Laurent)

Melril (dessin de Joëlle)

Carak (dessin de Laurent)

Narcam (dessin de Laurent)

Speaker - Hé oui nous sommes aujourd'hui en direct sur une petite île au large de Métropolis. Ici une ferme abrite une dizaine d'adolescents entraînés, accrochez-vous bien, par le multiple champion du monde : Narcam. Nous sommes très honorés de vous rencontrer Maître.
Narcam - Ne m'appelez pas ainsi ! Je ne mérite pas encore ce titre. Rejoignons mes élèves ! Ils sont ici depuis dix ans maintenant. Le moment de partir visiter le monde approche à grands pas.
Speaker - Expliquez-nous brièvement votre méthode !
Narcam - Je suis très dur avec mes élèves. Je n'autorise aucun échec... ils doivent atteindre la perfection. Ils sont tous très doués mais seuls un ou deux pourront espérer un jour arriver au plus haut niveau. J'arrive tout de même à garder un esprit de groupe, c'est indispensable pour progresser dans les arts martiaux. Ils se départageront une fois partis de la ferme.
Speaker - Nous sommes ici dans une grande plaine, près d'un lac. Les jeunes sont livrés à eux-mêmes, ils sont arrivés à un stade où chacun choisit son propre entraînement de musculation. C'est impressionnant. Ces jeunes semblent être taillés dans la roche... mais, que se passe-t-il ? Un grand vent souffle tout à coup. Les nuages défilent à tout allure. Les jeunes n'ont pas l'air plus rassurés que moi. Ils regardent tous en l'air... il y a quelqu'un ! Une petite forme sombre flotte dans les airs, les bras levés au-dessus de sa tête. AU SECOURS ! Il vient de lancer une boule verte éblouissante dans notre direction... elle est là !
Narcam s'est mis devant le speaker et forme un cercle avec ses mains. La magie est absorbée nette. Le speaker est à genoux, les mains sur la tête, terrorisé. Il n'a rien compris.
Narcam - Les gars ! Il est temps de se montrer digne de mon enseignement ! Montrez à ce gringalet ce que vous savez faire !!
Speaker - Que s'est-il passé ? Je suis encore vivant ?
Narcam - Ne vous inquiétez pas ! Avec nous vous êtes en sécurité.
Speaker - Les élèves de Narcam sont tous en train de voler. Ils sont dix contre notre ennemi... il a l'air de tenir. Je n'arrive pas à suivre ses déplacements, c'est époustouflant !
Narcam - Quel professionnalisme !
Speaker - La créature s'est déplacée. Elle est maintenant immobile, très près de nous. C'est une sorte de Nain mutant lézard. Il est couvert d'écailles vertes.
Même à dix contre un, les élèves se font balayer les uns après les autres. Ils sont épuisés alors que le mutant n'a rien. Il va trop vite pour pouvoir le prendre au piège.
Narcam - Je crois que je vais devoir m'en occuper moi-même !
Speaker - C'est incroyable ! Narcam s'est élancé à l'attaque. Je ne les vois plus mais j'entends le choc de leur puissance. C'est assourdissant !
...
Speaker - Quelqu'un vient de s'écraser au sol. J'espère que ce n'est pas Narcam. Il y a beaucoup de fumée. OUAIS ! Narcam est le vainqueur. Il vient vers nous et... son adversaire marche à côté de lui. Je ne comprends plus.
Narcam - Vous allez rigoler ! C'est mon pote Carak qui est venu me rendre une petite visite.
Speaker - CARAK ! Le multiple champion du monde !
Narcam - Ouais ! Lui aussi ! En fait c'est moi qui lui ai demandé de venir, pour donner un cours particulier à mes élèves... et vous faire une petite frayeur.
Speaker - Je vois... vous avez la chance que je ne sois pas cardiaque.
Carak - Salut les Aminches !
Tous les élèves courent vers Carak. Apparemment ils se connaissent déjà.
Speaker - Je m'approche un peu ! Je vais maintenant interviewer Carak. Quel rôle jouez-vous Monsieur Carakanga ?
Carak - Appelez-moi Carak !
Speaker - Oui Maître.
Carak - Donnez-moi ce micro !
Speaker - Oui Maître.
Carak - Ca suffit, va donc me chercher une bière bien fraîche ! Que dis-je ? Un tonneau !
Speaker - J'y cours !
Carak approche le micro de ses lèvres...
Carak - MESDAMES ET MESSIEURS ! Vous êtes en direct de whisky radio, la radio des alcoolos.
Narcam - OOOLLAAAAA !!!!
Elèves - OOOLLAAAAA !!!!
Carak - Bande d'ivrognes ! Vous n'avez pas honte ?
Narcam et les élèves - VIVE LA BIERE !
Carak - Bon revenons aux choses sérieuses. Je vais vous expliquer pourquoi je viens régulièrement donner des leçons particulières aux élèves de Narcam. C'est très simple !
Narcam - Fais gaffe à ce que tu dis.
Carak - Tout simplement pour leur apprendre le sens de l'humour et développer un peu leur résistance à l'alcool.
Narcam - Je vais te trucider ! Faux-frère !
Carak - On est en direct, maintenant tout le monde est au courant. Bon ! Il est où mon tonneau de bière ?
Speaker - J'ar...rive ! C'est lourd ! Je pensais pas qu'on vendait des tonneaux de 200 L. J'arrive à peine à le faire rouler. Heureusement que votre femme m'a aidé à le sortir du frigo.
Carak - Merci j'avais une petite soif. Chaque fois que je viens Narc prévoit un peu de bière pour qu'on fasse la fête avec tous les élèves.
Narcam - Ouaip ! Je crois qu'on va devoir vous laisser ! Vous en savez beaucoup sur mon école maintenant. Ceux qui veulent s'inscrire sont les bienvenus.
Le speaker s'en va avec son hélico, apparemment déçu de la tournure des événements ( peut-être qu'il voulait boire un coup lui aussi).
Narcam - Avec ça je pense que je suis tranquille pour un petit bout de temps. J'en avais marre de tous ces jeunes prétentieux qui voulaient s'inscrire.
Carak - C'est toujours un plaisir de te rendre service... BURP !
Narcam - C'est ça, cours toujours, un tonneau de 200 L à chaque fois que tu viens... je vais me ruiner !
Elis arrive.
Elis - Pourquoi le speaker est venu chercher le tonneau de lait.
Narcam - OUPS ! Démasqué !
Carak - De lait ? Ne me dis pas qu'elle n'était pas au courant !
Narcam - Ben... j'allais quand même pas lui dire que mes élèves carburent à la bière.
Carak - J'ai un tyrannosaure sur le feu... je me barre ! Ciao !
Narcam - Heu... Elis... je vais tout t'expliquer...
Elis - Ha oui ?
Ce fut le début d'une période particulièrement difficile. Elis, dorénavant, s'occupa de commander les tonneaux (de lait). Les élèves mirent plusieurs jours pour s'en remettre.
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